dimanche 7 avril 2019

LINDEN

Type :  Goélette franche à trois mâts 
                               

Gréement : Mâts en bois, en 2 parties. Gréement classique de goélette franche, avec voiles à corne et flèches. 3 focs, une trinquette. beaupré en une seule partie.

Matériaux : Coque, pont et espars en bois (pin, surtout)
Date et lieu de lancement : 1993 à Mariehamn par Rederi ab Linden
Autres noms : aucun
Utilisation initiale : Voilier école
Dernière nationalité connue : finlandaise
Dernier port d'attache connu : Mariehamn (Iles Aaland, Finlande)
Dernière utilisation connue : Voilie-école

Signification du nom : Linden est le nom du tilleul, en finnois et dans plusieurs langues.

Longueur hors-tout : 49 m
Longueur de la coque : 36 m
Longueur à la flottaison : 32,3 m
Largeur maximale : 8,6 m
Tirant d'eau maximal : 3 m
Tirant d'air :  m
Déplacement :  353 t .
Surface maxi de voilure : 632 m²

État : récent, bien entretenu.

Avant : Étrave à guibre ; beaupré en une seule partie


Arrière : à voûte surmontée d'un tableau très incliné, en bois verni ; dunette ; bastingage à balustres autour de la dunette. gouvernail à tube de jaumière.

Coque : Blanche .Pavois en partie en bois verni
Superstructures : 2 roufs : l'un en arrière du mât de misaine et l'autre dans le tiers arrière du navire.


  
Linden  est un voilier-école récent, construit à la fin du XXème siècle. C'est la réplique d'un cargo à voiles du même nom, lancé en 1920,  qui commerçait entre la Finlande et l'Angleterre. Il est utilisé comme voilier-école et participe aux tallships races; Il peut embarquer, en croisière, 26 passagers, avec 9 marins professionnels.
       

lundi 11 mars 2019

SANTA EULALIA

Type :  Goélette franche à trois mâts 
                                   

Gréement : Mâts en bois, en 2 parties. Gréement classique de goélette franche, avec voiles à corne et flèches. 3 focs, une trinquette.

Matériaux : Coque, pont et espars en bois.
Date et lieu de lancement : 1919 à Badalona
Autres noms : Carmen Flores, Puerto de Palma, Cala san Vicente, Sayremar
Utilisation initiale : Caboteur catalan ("pailebote")
Dernière nationalité connue : catalane, espagnole.
Dernier port d'attache connu : Barcelona
Dernière utilisation connue : Voilier de promenade et de croisière.

Signification du nom : Santa Eulalia est, avec Santa Madrona, une des deux saintes patronnes de la ville de Barcelone. La cathédrale de la ville (La Seu) lui est consacrée.
   Carmen Flores était la fille de l'armateur qui a fait construire le navire.

Longueur hors-tout : 47 m
Longueur de la coque : 34,6 m
Longueur à la flottaison : 29,3 m
Largeur maximale : 8,5 m
Tirant d'eau maximal : 4 m
Tirant d'air : 29 m
Déplacement :  215 t .
Surface maxi de voilure : 525 m²

État : restauré, bien entretenu.

Avant : Étrave à guibre ; beaupré en une seule partie


Arrière : à voûte surmontée d'un tableau très incliné ; gouvernail à tube de jaumière.


Coque : Blanche .
Superstructures : 2 roufs : l'un à l'arrière du mât d'artimon, l'autre à l'arrière du mât de misaine.


    Santa Eulalia est un des derniers caboteurs catalans qui sillonnaient la Méditerranée et également l'Atlantique à partir de la Catalogne ou des îles Baléares. On les appelait parfois goélettes majorquines. Un autre nom pour les désigner était pailebot (ou pailebote). On ne connait pas trop l'origine de ce nom ; certains avancent une ressemblance phonétique avec pilot-boat ; mais les bateaux -pilotes sont plus petits et plus maniables. Une goélette, en espagnol, se dit goleta.
 
     Un des pailebots les plus célèbres était gréé en brick : c'est Maria-Asumpta, qui a fait naufrage en 1995. Un autre, Thô-Pa-Ga, a sombré dans le golfe de Gascogne alors qu'il se rendait aux Tonnerres de Brest 2008. 
       Isla Mauritia, construit en 1852, était peut-être, il, n'y a pas longtemps, le plus vieux voilier du monde en état de naviguer. Hélas, lors d'un cyclone en février 2013, le navire a cassé son mouillage et est allé s'échouer sur des roches. Pendant une vingtaine d'années, il avait navigué en charter autour de l'île Maurice, mais était quasiment abandonné. Toujours échoué, très détérioré, trouvera-t-il quelqu'un pour le renflouer avant qu'il ne soit trop tard ?
       Il ne reste guère que Cala Millor, beaucoup plus récent (1952)  Une autre goélette de ce type, Miguel Caldentey, est actuellement en cours de restauration près de Narbonne. Si tout va bien, elle devrait bientôt être en état de naviguer.

  Santa Eulalia a été lancée en 1919 à Badalona sous le nom de Carmen Flores. et a transporté diverses marchandises à travers la Méditerranée (minerais, grains, sel, bois) ; parfois également de passagers. Devenue goélette à 2 mâts (1929) puis bateau à propulsion mixte voile et moteur, elle a changé plusieurs fois de nom et a eu plusieurs propriétaires ; l'un d'eux était contrebandier, ce qui a entrainé la saisie du navire. En 1973, elle a été utilisée pour des travaux sous-marins ; en 1997, rachetée par le musée maritime de Barcelone, elle a été restaurée et a retrouvé son aspect initial.
   La goélette  peut se visiter au port-musée de Barcelone. mais elle sert également de navire-ambassadeur de la ville ; elle a participé à des rassemblements de grands voiliers en Méditerranée et en Atlantique. En septembre 2013, elle participait à la Mediterranean tallships race et a fait escale à Toulon. Elle peut embarquer 30 passagers avec un équipage de 6 personnes.Elle était présente à "Escale à Sète", fin mars - début avril 2018.
 

vendredi 1 mars 2019

MARITÉ


Type :  Trois-mâts goélette (goélette à trois mâts et huniers avant la restauration).

                                              Ci-dessus : gréement actuel (juillet 2012)
                                                  Ci-dessous : l'ancien gréement.

Gréement : Mâts en bois, en 2 parties ; voiles à corne sur les trois mâts ;  4 vergues, portant 4 voiles carrées (misaine, 2 huniers, perroquet) sur le mât de misaine ; 3 voiles d'étai entre le mât de misaine et le grand mât ; flèche sur le mât d'artimon.voiles. Ce nouveau gréement est plus conforme à celui du navire lorsqu'il était armé à la pêche à la morue.
  Le précédent gréement (jusqu'en 2008) était celui d'une goélette à trois mâts et à hunier, avec des voiles à corne sur chacun des mâts.




Matériaux : Coque, pont et espars en bois.
Date et lieu de lancement : 1922 à Fécamp, en Normandie.
Autres noms : Blå Marité af Pripps (en Suède)
Utilisation initiale : Terre--neuvier (morutier pêchant aux lignes à partir de doris).
Dernière nationalité connue : Française.
Dernier port d'attache connu : Granville (Rouen jusqu'en 2008)
Dernière utilisation connue : Voilier de promenade et de croisière.

Signification du nom : Marité est un diminutif du prénom de la  marraine du navire lors de son lancement,  Marie-Thérèse Leborgne (la fille de l'armateur).

Longueur hors-tout : 44,9 m
Longueur de la coque : 34,5 m
Longueur à la flottaison :  m
Largeur maximale : 8 m
Tirant d'eau maximal :  m
Tirant d'air : m
Déplacement :  170 t .
Surface maxi de voilure : 650 m²

État : Morutier plusieurs fois modifié et restauré ; remis à neuf récemment.

Avant : Étrave à guibre et à faible élancement (presque verticale) ; pas de gaillard d'avant  ;  pas de figure de proue, mais  une frise posée récemment, sur chaque bord ;  Beaupré en 1 seule partie.  Le nom du navire était écrit sur chaque bord mais ne l'est plus.
Ci-dessus, photos prises en 2012 
Ci-dessous, photos antérieures à la restauration.





Arrière : à voûte surmontée d'un tableau très incliné sur lequel était inscrit le nom du navire et son port d'attache (Rouen, jusqu'à la reconstruction) ; en 2012, seul le nom est écrit, sur une pièce de bois verni. gouvernail à tube de jaumière.

Coque : Blanche ; pavois verni.
Superstructures : 2 roufs : l'un à l'arrière du mât d'artimon, l'autre à l'arrière du mât de misaine.



                             
   Marité est le seul représentant des dernières grandes goélettes en bois à trois mâts qui allaient pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Ces grands voiliers de pêche étaient basés dans quelques ports français, notamment Fécamp, Saint-Malo ; également à Granville . De plus petits ports, comme Paimpol, armaient des navires plus petits également, qui pêchaient sur les côtes d'Islande ; c'étaient des goélettes à 2 mâts, semblables aux goélettes de la marine nationale française, l'Étoile et la Belle Poule.
  Lancé en 1922 à Fécamp, ce bateau a pratiqué la pêche à terre-Neuve de 1924 à 1929, avant d'être vendu à des Danois. Basé aux îles Féroé, Marité devient un caboteur qui franchit la deuxième guerre mondiale avec beaucoup de chance. Le moteur prend de plus en plus d'importance, le gréement est progressivement réduit : ketch, puis seulement voilure d'appoint.  Finalement abandonné en 1973,  le navire est récupéré en 1978 alors qu'il ne ressemblait plus à grand chose et flottait à peine, par de jeunes Suédois qui l'ont restauré et lui ont rendu son aspect d'origine. Ils ont navigué à son bord  à partir de 1987, durant plusieurs années et le navire a même remporté la course de grands voiliers Columbus race (1992).
   Mis en vente par ses propriétaires suédois, racheté par un groupement d'intérêt public comprenant, entre autres, les villes de Rouen et de Fécamp, Marité est revenu en Seine Maritime en 2004. La goélette  a été gérée par l'armement Étoile Marine de Bob Escoffier et a effectué un Tour de France pour toute une série d'émissions de Georges Pernoud, Thalassa.  De plus, pendant quelques années années on l'a vu aux rassemblements de  Rouen, Brest, Douarnenez, Cherbourg (départ de la Tall ship race),  dans le golfe du Morbihan (semaine du Golfe 2005).
    Malheureusement, il s'est avéré que la réparation des Suédois était du travail d'amateurs, certes passionnés et éclairés, mais aux moyens financiers quelque peu limités.  En fait, une grande partie de la coque était pourrie, malgré son bel aspect extérieur. Soit le bateau était définitivement abandonné, soit une profonde restauration, très coûteuse, était nécessaire. Elle s'est effectuée à Cherbourg ; en fait, il s'est agi d'une véritable reconstruction de la coque, qui s'est achevée en 2010. La pose des mâts et du gréement s'est ensuite effectuée à Saint-Vaast la Hougue, non loin de Cherbourg. Le port d'attache de Marité est Granville depuis le mois de mai 2011. Après l'achèvement du nouveau gréement (identique à celui d'origine : trois-mâts goélette) et les finitions, le navire a été remis en service et était présent aux fêtes de Brest et de Douarnenez en 2012. Il participait à la semaine du Golfe du Morbihan 2013 et à l'Armada de Rouen 2013 et aux fêtes maritimes de 2016 à Brest et Douarnenez, au départ du Vendée globe 2016, aux fêtes de Paimpol, etc... 
 
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   Ainsi, le quatrième plus grand voilier  français en bois (derrière L'Hermione Le Français et  l'Étoile du Roy)  continue à naviguer, après une vie peine de péripéties comme celle de son grand frère BelemIl était à la Semaine du Golfe du Morbihan, en mai 2017, et participera de nouveau à ce rassemblement en mai 2019. Auparavant, il sera allé à Arcachon ; au mois d ejuin 2019, Marité participera à l'Armada de Rouen

BELEM

Type : trois-mâts barque.


Trois-mâts Belem vu de tribord
Trois-mâts Belem vu de babord
Trois-mâts Belem vu de face
  •   Gréement : 5 voiles carrées sur le phare de misaine et sur le grand phare ; huniers et perroquets volants ; mâts composés (2 parties) ; brigantine non divisée et flèche sur le mât d'artimon. Beaupré en une seule partie. 22 voiles.
  • Matériaux : coque et pont en acier, rivetés à l'origine ; pont recouvert de bois. Mâts en acier.
  • Date et lieu de lancement : 1896 aux chantiers Dubigeon de Chantenay-sur-Loire (commune aujourd'hui incorporée à la ville de Nantes, et où se trouve le port maritime de la ville)
  • Nom lors du lancement : Belem.
  • Autres noms : Fantôme II, Giorgio Cini.
  • Utilisation initiale : cargo de la ligne des Antilles et du Brésil ("antillais") .
  • Dernière nationalité connue : Française.
  • Dernier port d'attache connu : Nantes.
  • Dernière utilisation connue : Navire-école appartenant à la fondation du même nom, créée à l'initiative des Caisses d'épargne. Celles-ci financent en grande partie l'entretien et le fonctionnement du navire.
  • État : plusieurs fois restauré.
  • Signification du nom : Belém est une grande ville du Brésil, capitale de l'état de Para, à l'embouchure de l'Amazone (rive droite). Le trois-mâts y a fait souvent escale lors de sa carrière au commerce. Il y est retourné en 2002, lors de son Odyssée Atlantique. Le nom du navire s'écrit sans accent sur le e.
  • Longueur hors-tout : 58 m
  • Longueur de la coque : 51 m
  • Longueur à la flottaison : 48 m
  • Largeur maximale : 8,8 m
  • Tirant d'eau maximal : 3,5 m
  • Tirant d'air : 34 m
  • Déplacement : 750 t .
  • Surface maxi de voilure : 1200 m²
  • Avant : Étrave à guibre. Gaillard d'avant bien marqué, peint en blanc, percé de 4 hublots. Pas de figure de proue mais une volute et 2 frises décorées, couleur bronze. Beaupré en une seule partie, court pour un bateau de ce type (sans doute pour des raisons d'encombrement, pour ne pas dépasser 60 m HT)


  • Arrière : Dunette peinte en blanc. Arrière à voûte, portant le nom du navire et celui du port d'attache, Nantes. Bastingage à balustres blancs, très reconnaissable. Gouvernail à tube de jaumière.

  • Coque : noire à bande horizontale blanche ; faux sabords (peinture dite "à batterie"). carène rouge.
  • Superstructures : Roufs entre la dunette et le gaillard, recouvert d'un spardeck interrompu relié au gaillard mais pas à la dunette. chambre des cartes sur la dunette. Ces superstructures ont été rajoutées lors de la transformation du cargo en yacht, modifiant notablement la silhouette du navire (dont la coque était initialement peinte en noir), à l'exception de la timonerie, ou chambre de navigation, rajoutée lors de sa transformation en voilier-école français, dans les années 1980 et abritant les appareils modernes de navigation.
La chambre de navigation, sur la dunette.
Le Belem est plus petit que plusieurs voiliers-école (le Sedov, par exemple, est 2 fois plus long). Le grand voilier français Duchesse Anne, est également plus grand, mais ne peut pas naviguer.
Le Belem est un des grands voiliers les plus intéressants :
C'était le plus grand voilier français naviguant avant la mise en service de L'Hermione. C'est aussi un des plus anciens des grands voiliers : il a 120 ans en 2016. Et, sur ces 120 ans, il n'aura été hors d'état de naviguer qu'une trentaine d'années et est sans doute un des navires qui ont le plus de milles à leur actif.
C'est un des seuls survivants de la marine de commerce à voiles : la plupart des autres grands voiliers ont été conçus comme voiliers-école.
Il a donc une histoire particulièrement riche. Comme navire marchand, il a navigué pour l'armement Denis Crouan, de Nantes, de 1896 à 1907, puis pour l'armement Demanges jusqu'en 1914. Plusieurs incidents ont émaillé ses 23 traversées aller-retour de l'Atlantique, notamment un incendie dans les cales, provoquant la mort de mules qui y étaient transportées.
Le Belem était près de Saint-Pierre de la Martinique lors de l'éruption catastrophique de la Montagne Pelée : Outre la ville, la flotte de navires mouillés en rade avait été détruite par les nuées ardentes. Mais le Belem, n'ayant pas trouvé de place pour mouiller, avait dû aller du côté est de l'île
. Ce qui était un inconvénient pour le commandant, pressé de faire ses opérations s'est transformé en chance pour l'équipage et pour le navire, seuls rescapés de la tragédie du 8 mai 1902.

En 1914, les voiliers étaient peu à peu remplacés par des vapeurs. Le Belem échappa à la démolition en étant vendu à un richissime anglais, le Duc de Westminster, qui voulait en faire un yacht. Ce qu'il devint à la fin de la guerre. Finis les transports d'animaux, de cacao et de sucre ; motorisation, transformation de la cale en emménagements confortables pour une quarantaine de personnes, construction des roufs et de la chambre de navigation... Bref, le Belem était devenu tel qu'on le connaît aujourd'hui (du moins extérieurement, car à l'intérieur certains emménagements étaient nettement plus luxueux).


La surélévation blanche de la dunette (ou couronnement)
et la balustrade ont modifié notablement l'arrière du navire.
Le grand rouf, vu vers l'escalier.
Le double escalier vu du grand rouf.
   Le Duc ne garda pas longtemps son beau navire ; en 1921, après des croisières en Méditerranée, il fut vendu au comte irlandais Arthur Ernest Guiness, riche propriétaire des brasseries du même nom. Le nom fut changé et Belem devint Fantôme II. Le bateau continua à beaucoup naviguer, effectuant même un tour du Monde.
   Lors de la deuxième guerre mondiale, au mouillage à Cowes, il servit de base à des Français libres, et fut bombardé, sans trop de dommages cependant.
  Sommairement réparé, le Belem intéressa un riche Italien, le Comte Vittorio Cini, qui voulait en faire un voilier-école pour la fondation qu'il avait créée. Le Belem fut rebaptisé Giorgio Cini,en mémoire du fils de Vittorio, tué dans un accident d'avion près de Cannes. Il fut regréé en trois-mâts goélette et utilisé pour former de jeunes marins professionnels. Le recrutement était constitué d'orphelins, très nombreux à cette époque. La plupart des beaux emménagements du yacht furent remplacés par un dortoir où prennent place les 72 hamacs des apprentis marins, le rouf et le magnifique escalier de descente étant cependant conservés.
    Mais un navire vieillit, même quand il a été bien construit ; à la fin des années 1960, la fondation ne pouvait plus assure un entretien correct. Revendu pour une somme symbolique aux carabiniers italiens, qui disposaient d'un budget également insuffisant, le Giorgio Cini dépérissait et a sans doute commencé la période la plus délicate de son histoire. Sa rénovation était commencée dans un chantier de Venise. Mais celui-ci, n'étant pas payé, avait arrêté le travaux et le navire était en vente : Allait-il partir à la démolition , A cette époque, la plaisance était en pleine expansion, mais les vieux bateaux n'intéressaient plus grand monde : misainiers, cotres et dundées finissaient dans des cimetières de bateaux au fond des rias ; si certains pays gardaient de grands voiliers-école et organisaient des rassemblements, en France nous n'avions que les trois bateaux de la Marine Nationale : l'Étoile, la Belle Poule et le Mutin. La Duchesse Anne devenait une épave.
C'est dans ces conditions difficiles que l'ex-Belem fut reconnu par des français, sous les traits du Giorgio Cini. Après des tractations et des recherches de subvention, le navire reprit, en remorque et en mauvais état, la route de son pays natal. Après une rénovation de la coque dans les arsenaux de Brest et de Lorient, le navire fut convoyé, démâté, à Paris où il devait être transformé en musée à flot stationnaire. Mais, que les Parisiens veuillent bien nous en excuser, la place d'un tel bateau n'était pas entre 2 ponts, si loin de la mer. De plus en plus de voix s'élevaient pour que le Belem se remette à naviguer : les travaux réalisés à Paris furent donc une transformation en voilier-école. cela se fit sous la direction du commandant Jean Randier, éminent marin et écrivain de marine, spécialiste des voiliers du début du XXème siècle. Aménagé et gréé près de la Tour Eiffel, le navire fut à nouveau dégréé pour descendre la Seine et fut terminé au Havre en 1985. L'année suivante, il traversait l'Atlantique pour participer à son premier grand rassemblement à New-York.
Et puis, la voile traditionnelle, reprenait, dans les années 1980, une place de plus en plus importante avec les rassemblements de voiliers traditionnels, notamment Douarnenez 1986 et 1988, puis Brest et Douarnenez, etc... La remise en service du Belem permettait à la France d'être enfin représentée par un grand voilier.
Les aménagements intérieurs sont confortables, sans présenter le luxe qu'ils avaient au temps de Lord Guinness ; Il faut bien caser les 48 stagiaires ! Mais finis aussi les aménagements simplistes de la période italienne : les hamacs ont été remplacés par de confortable bannettes (un peu justes cependant pour les grands gabarits), placées dans des cabines disposées de part et d'autre du grand réfectoire.

Le réfectoire, situé au centre du faux pont.
    Depuis, chaque saison, d'avril à octobre, le Belem embarque des stagiaires pour des croisières de 2 à 7 jours (parfois plus, lorsqu'il s'agit de grandes navigations comme la traversée de l'Atlantique) . 48 stagiaires peuvent être embarqués. Encadrés par 16 marins, ils participent à la manœuvre du navire, y compris dans la mâture pour ceux qui le désirent (il n'y a aucune obligation). Ils participent également à l'entretien courant et au service à table. N'importe qui peut participer à un stage sur le Belem, à condition d'avoir plus de14 ans (les jeunes de 14 et 15 ans doivent être accompagnés par un adulte responsable), d'être motivé et en bonne santé.
Après la "mise en route" par Jean Randier, le grand voilier a été commandé par Philippe Arzel de 1987 à 1989,  par Yves Euzen (1 saison) ; puis, pendant 13 ans par le commandant Marc Cornil, dont le nom est désormais indissociable de l'histoire du navire. Lui ont succédé les commandants
Michel Péry, Jean-Pierre Boin, Éric Saint-Plancat, Joël Guéna, Yann Cariou (actuel commandant de L'Hermione), Jean-Alain Morzadec, Yannick Simon et désormais, depuis 2016 par Aymeric Gibet et Gweltaz Thirion.


L'Odyssée Atlantique, en 2002, l'a mené sur la route qu'il faisait du temps où il était navire marchand. Une autre croisière, durant l'été 2008, l'a mené au Québec, et il est également allé autour des îles Britanniques. En 2010, une croisière allait jusqu'à Dublin et, certaines années, d'autres ont lieu en Méditerranée (avec, évidemment, passage par l'Espagne et le Portugal). Les premières années, il était allé en Écosse, en Baltique, au Portugal et en Méditerranée. La majorité des stages se déroulent cependant sur les côtes françaises de l'Atlantique et de la Manche et c'est en Bretagne qu'on a le plus de chances de rencontrer le Belem.

   Le trois-mâts participe également à de nombreux rassemblements comme les Armadas de Rouen, les fêtes de Brest et Douarnenez, à des départs de courses au large (transat en double 2010, à Concarneau, par exemple). Il est souvent à Lorient lors du Festival Interceltique.
   De la fin octobre à la fin mars, le Belem est l'objet de travaux d'entretien très soigneux (à Saint-Nazaire, Lorient, Concarneau ou encore dans un chantier méditerranéen comme par exemple durant l'hiver 2013 - 2014) qui font que, malgré son âge, il a encore l'allure d'un bateau neuf. En 2010 -2011, ces travaux ont eu lieu à Saint-Nazaire, dans une forme de radoub du bassin de Penhoët.

    Belem était présent à l'Armada de Rouen 2013 et participait à la Mediterranean tallships race la même année : c'était une des vedettes de l'escale de Toulon, et il ouvrait, sous presque toutes ces voiles, la parade du départ vers La Spezia.
    En 2014, après les travaux habituels d'hiver à La Seyne sur mer; une grande partie de la saison s'effectue en Méditerranée et l'ex Giorgio Cini a retrouvé Venise, son port d'attache durant plus de 20 ans. Il a été reçu en grande pompe dans la cité des Doges et est amarré au quai d'honneur, non loin de la place saint-Marc. Il est allé ensuite en Croatie, en Grèce continentale, en Crète, en Sicile, en Corse. En août, septembre et octobre, la saison s'est terminée sur les côtes françaises de l'Atlantique et de la Manche, avec retour à Nantes le 10 octobre.
    En 2015, il a navigué surtout le long des côtes françaises (Atlantique et Manche), mais il a fait en plus 2 croisières à l'étranger : l'une en Irlande, l'autre aux Pays-Bas pour Sail Amsterdam. 2016 a vu son retour en Méditerranée, après un printemps et un début d'été en Manche et Atlantique.
   En 2019, il participera à "débord de Loire, à Saint-Nazaire et Nantes, puis à l'Armada de Rouen (6 -16 juin). Les croisières de l'été se passeront en Scandinavie.


   Lien sur le site officiel du trois-mâts  Belem