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lundi 10 mai 2010

PEKING

Type : Quatre-mâts barque.



Gréement : 6 vergues sur les 3 premiers phares ; le navire portait les voiles classiques d'un quatre-mâts barque allemand : huniers et perroquets volants ; mâts composés (2 parties).  brigantine divisée + flèche sur l'artimon. 34 voiles.


Matériaux : coque et pont en acier, rivetés à l'origine ; pont recouvert de bois. Mâts en acier.
Date et lieu de lancement : 1911 à Hambourg, aux chantiers Blohm et Voss.
Nom lors du lancement : Kurt.
Autres noms : Arethusa II,  HMS Pekin.
Utilisation initiale : Cargo cap-hornier allemand ; Armements Ferdinand Laiesz de Hambourg  :transport de nitrates d'Amérique du sud vers l'Europe, de charbon dans l'autre sens ; puis transport de céréales.
Dernière nationalité connue : Américaine.
Dernier port d'attache connu : New-York, USA.
Dernière utilisation connue : Musée.
État : Ne navigue plus. Plusieurs fois restauré.
Signification du nom : Peking  est une façon d'orthographier le nom de la capitale de  la Chine, en anglais ou en allemand. Arethusa est un personnage de la mythologie grecque, plus précisément une néréide.qui a été transformée en fontaine. Plusieurs navires de guerre américains ainsi qu'un sous-marin français (l'Aréthuse) ont porté ce nom lié à l'eau. HMS Pekin est le nom donné au navire quand il faisait partie de la Royal Navy, pendant la deuxième guerre mondiale.
 

Longueur hors-tout : 115 m
Longueur de la coque : 106 m
Longueur à la flottaison :  ? m
Largeur maximale : 14,3 m
Tirant d'eau maximal : 5 m
Tirant d'air :  54 m
Déplacement : 4700 t 
Surface maxi de voilure : 4100 m²  lorsqu'il naviguait. Voiles non gréées actuellement.
 

Coque : noire ; gaillard et dunette peints en blanc.

Avant : étrave à guibre, sans figure de proue, mais avec une volute ; écusson blanc portant les lettres FL (Ferdinand Laiesz) en rouge, sous cette volute ; nom du bateau écrit de chaque côté de la coque ; gaillard  surélevé à l'avant ; beaupré en une seule partie.

     Arrière : gouvernail à tube de jaumière ; dunette peinte en blanc, peu surélevée.

    Peking  faisait partie de la célèbre flotte des P-Liners basés à Hambourg, dont les noms commençaient par P.  Parmi ces navires emblématiques de la flotte de cap-horniers, sur une douzaine de 4 et 5 mâts,  4 existent encore, ce qui est extraordinaire quand on pense à tous les grands voiliers qui ont été démolis au cours du XXème siècle. Et encore, un de ceux qui manquent à l'appel, le Pamir, a fait naufrage dans un ouragan, en 1957, aux environs de Açores; Les autres sont aujourd'hui des navires-musées : le Passat (nom allemand signifiant Alizés) peut aujourd'hui être visité à Travemünde, un des ports de l'agglomération de Lübeck, sur la mer Baltique. Le Pommern, lui, est mouillé à Mariehamn, dans les îles finlandaises d'Aland. Mais le plus connu est l'ancien Padua, nommé aujourd'hui Kruzenshtern. Ce navire, l'un des plus beaux de la flotte des grands voiliers, navigue encore (sous pavillon russe) et peut donc être vu très loin de son port d'attache, notamment en France. Outre les 4-mâts, 2 cinq-mâts ont fait partie de cette flotte : le Potosi et le Preussen ; ce dernier disputait à France II le titre de plus grand voilier du monde.
    Peking était à Valparaiso lorsque la première guerre mondiale a éclaté. Il y est donc resté jusqu'à la fin de la guerre, puis a été saisi comme dommage de guerre et attribué à l'Italie. Les Italiens n'en ont rien fait et l'ont revendu à son ancien propriétaire : Le navire a donc continué le commerce entre le Chili et l'Europe jusqu'en 1932. A cette époque, le transport des nitrates à la voile, par le Cap-Horn, est devenu moins rentable qu'avec les vapeurs passant par le canal de Panama. Le bateau est alors devenu anglais, rebaptisé Arethusa II et transformé en voilier-école stationnaire sur la rivière Medway. Pendant la guerre il s'est appelé HMS Pekin.
    Racheté par un Américain en 1975, Peking est aujourd'hui amarré et peut être visité à New York au Southstreet Seaport museum, Il se trouve à tribord d'un trois-mâts carré, le Wavertree. On voit ci-dessous ces deux magnifiques navires côte à côte.
    D'après des informations récentes, Peking devrait bientôt quitter le grand port américain pour retourner à Hamburg  : à suivre...

samedi 8 mai 2010

MOSHULU

MOSHULU.

Type : Quatre-mâts barque.

Gréement : 6 vergues sur les 3 premiers phares ; le navire portait les voiles classiques d'un quatre-mâts barque allemand : huniers et perroquets volants ; mâts composés (2 parties).  brigantine divisée + flèche sur l'artimon. 34 voiles.

Matériaux : coque et pont en acier, rivetés à l'origine ; pont recouvert de bois. Mâts en acier.
Date et lieu de lancement : 1904 à Port-Glasgow, au bord de la Clyde, en Écosse ; chantiers William Hamilton and Co.
Nom lors du lancement : Kurt.
Autres noms : Dreadnought ; Oplag.
Utilisation initiale : Cargo cap-hornier allemand ; Armements GHJ Siemers & Co, de Hambourg, puis cargo américain dans le Pacifique et l'Océan Indien.
Dernière nationalité connue : Américaine.
Dernier port d'attache connu : Philadelphie, Pennsylvanie, USA.
Dernière utilisation connue : Restaurant, Musée.
État : Ne navigue plus, transformé en restaurant (fenêtres carrées percées dans la coque)

Signification du nom : Moshulu est un mot de la langue des Indiens d'Amérique du Nord et signifie sans crainte. Dreadnought, en anglais, a la même signification. A son lancement, e tjusqu'à sa saisie par les Américains en 1917, le navire s'est appelé Kurt, prénom du directeur de la compagnie maritime Siemers qui le faisait naviguer.  Oplag signifie entrepôt,en Danois, ce qui indique l'utilisation du navire durant une période).
 

Longueur hors-tout : 119,8 m
Longueur de la coque : 111 m
Longueur à la flottaison : 101,9 m
Largeur maximale : 14,3 m
Tirant d'eau maximal : 8,6 m
Tirant d'air :  m
Déplacement : 1980 t à lège ; 7000 t à pleine charge lorsqu'il servait de cargo.
Surface maxi de voilure : 4180 m²  lorsqu'il naviguait. Voiles non gréées actuellement.
 

Coque : noire ; large bande blanche longitudinale à mi-hauteur. Grandes ouvertures vitrées au dessus de cette bande blanche, servant de fenêtres au restaurant. 


Avant : étrave à guibre, sans figure de proue ; gaillard d'avant ; beaupré en une seule partie.

Arrière : à voûte ; gouvernail à mèche dans tube de jaumière ; pas de dunette arrière surélevée 

Superstructures : "îlot" central, comparable à celui qu'on trouve sur le Sedov et sur tous les quatre-mâts allemands semblables.

    Moshulu  est probablement le plus grand voilier traditionnel existant encore ; il est un peu plus long que le Sedov. Mais il ne navigue plus. Après le Pommern, lancé en 1903, c'est le cap-hornier le plus ancien.
    Il a été construit en 1904 en Écosse, sur les bords de la Clyde, pour un armement allemand de Hambourg. Cap-Hornier, il a transporté des marchandises entre l'Allemagne et le Chili (charbon vers l'Amérique, nitrates vers l'Europe) et jusqu'à  la côte ouest des USA. Désarmé en Oregon (à Astoria) pendant la guerre, il fut saisi par les Américains lors de leur entrée en guerre, en 1917. Devenu américain, il a continué a être utilisé comme cargo (transport de bois, notamment) puis désarmé en 1928 dans l'état de Washington.

    Racheté en 1935 par Gustaf Erikson, le célèbre armateur finlandais de Mariehamn, dans les îles d'Aland, Moshulu a participé aux courses du blé,  qui consistaient à rapporter une cargaison de céréales d'Australie en Allemagne. Ces courses et la vie à bord d'u des derniers grands cap-horniers ont été racontées avec réalisme et humour  par Éric Newby dans son livre "tempêtes des mers du sud" ("The last grain race"). Moshulu s'est révélé le plus rapide (atteignant fréquemment 17 nœuds par forte brise) des transports de grains.  Cette flotte de céréaliers comportait des quatre-mâts  existant de nos jours : le Padua (actuel Kruzenshtern) et le Kommodore Joutsen (actuel Sedov) naviguent encore et sont bien connus. Viking (à Göteborg), Pommern (à Mariehamn, îles Aland),  Passat ( à Lubeck), Peking (à New-York) ne naviguent plus mais sont, comme Moshulu, des navires-musées bien entretenus. L'un de ces navires, le Pamir, a fait naufrage en 1957 avec presque tout son équipage -6 rescapés sur 86 hommes), alors que ce voilier-école continuait à transporter des céréales ; il naviguait non loin du Passat qui faillit aussi chavirer. Ce sont sans doute les 2  derniers grands voiliers qui aient eu une activité commerciale en plus de leur rôle de voiliers-écoles.

    La guerre 1939-1945 ne fut pas de tout repos pour le navire, réquisitionné en Norvège puis chaviré et coulé à Kirkenes, au nord du Pays. renfloué en 1947, il ne fut pas regréé en voilier et fut utilisé comme entrepôt à céréales à Stockholm (1948-1960) puis à Turku, en Finlande (1961-1970). Il y eut une tentative avortée de transformation en navire-école allemand  transportant des marchandises sous le nom d'Oplag ; ce mot danois signifiant entrepôt.

  Moshulu fut alors racheté par des Américains dans le but d'en faire un restaurant flottant  ; d'abord à New York au Southstreet seaport museum, puis à Philadelphie, où il est amarré depuis 1976. Le navire est également utilisé comme musée et a servi de décor à des tournages de films.